La CHICHA, pas si SYMPA QUE CA !

 

 Jugée conviviale dans les bars, dans la rue, la CHICHA ou NARGUILE séduit de plus en plus. Pourtant, les addictologues sont unanimes sur son DANGER !

 

Aujourd’hui répandue en Occident, la pipe orientale à eau, chicha, narguilé, ou encore hookah, est une pratique originaire du Moyen-Orient.

 

La chicha, comment ça marche ?

En haut du narguilé, on dépose une douille de tabamel, un tabac conditionné avec de la mélasse et des essences de fruits. On recouvre de feuille d’aluminium percée et on allume le charbon par-dessus.
La fumée descend par la cheminée dans un conduit qui descend au fond du vase rempli d’eau ; la fumée est donc humidifiée avant d’être inhalée par le fumeur qui en aspirant, attise la combustion du charbon.

Toxicité, l’OMS s’en mêle.
L’expansion de la chicha est telle que l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé s’en est alarmée), estimant que qu’une séance de chicha (50 à 200 bouffées en 40-60mn) équivaut au moins à volume de fumée de plus de 100 cigarettes par session (partagé, certes).

Une toxicité bien réelle

 

La plupart des fumeurs de chicha la minimisent.
L’humidification de la fumée la rend certes moins irritante qu’une fumée de cigarette, mais ce n’est qu’une question de sensation.

L’eau contenue dans le réservoir ne  filtre que 3% des métaux lourds, les 97% restants sont inhalés par le fumeur (ou ceux qui sont présents dans la pièce, fumeurs passifs).
On trouve également dans la fumée, du monoxyde de carbone, toxique et cancérigène, comme le tabac.

Les experts concluent après études : un fumeur de chicha inhale

125 fois plus de fumée que lorsqu’il fume une cigarette,

20 fois plus de goudron

10 fois plus de monoxyde de carbone

2,5 fois plus de nicotine !

 

 

Des risques de transmission microbienne

La chicha, grand moment de partage et d’évasion.
On fait passer et…. en avant les contagions microbiennes et transmissions de virus tels que la grippe, les rhinites, le Corona, mais aussi l’herpès, l’hépatite,  la mononucléose infectieuse… c’est « Sympa », on partage !
Attention : L’usage d’un embout individuel jetable permet de réduire ces risques sans toutefois les éliminer.

 

Et à long terme ?

Comme le tabac, fumer la chicha accroit les risques de cancers du poumon, des lèvres, de la vessie et des voies aérodigestives supérieures (bouche, langue, pharynx, larynx), œsophage, estomac, vessie, risques cardio-vasculaires et respiratoires.
Ajoutons tous les fumeurs de chicha présentent une risque doublé d’obésité, de diabète de type 2 et de dyslipidémies (cholestérol entre autres), même chez les petits fumeurs !

Il est possible que les toxines contenues dans la fumée stimulent une réponse inflammatoire qui rend les tissus plus résistants aux effets de l’insuline, l’hormone régulant le glucose dans le sang.

Que dit la loi ?


Les bars à chicha sont également soumis à l’application de lois similaires interdisant de fumer la chicha à l’intérieur de l’établissement, et interdits aux moins de 18 ans.
De sorte que la plupart des bars à chichas sont dans l’illégalité !

 

Rédigé par : Laurence Nahmani-Charbit, Dr en Pharmacie